Sénatoriales

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Zoom sur les sénatoriales dans l'Aisne / Et un, et deux et trois élus

Les grands électeurs de l'Aisne désignent dimanche les trois sénateurs attribués au département. Voici les neuf candidats passés au crible.

Dimanche 21 septembre: les départements de métropole ou d'outre-mer dits de la liste A élisent leurs sénateurs.
Soit 102 sièges auxquels s'en ajoutent 10 nouveaux pour tenir compte de l'évolution démographique de certains départements ou territoires ainsi que 2 créés pour les nouvelles collectivités de Saint-Bathélémy et Saint-Martin.
Sénat : entamée en 2004 la transformation du Sénat sera achevée avec les élections de 2011. Dimanche soir, le Sénat comprendra 343 parlementaires désormais élus pour 6 ans contre 9 auparavant.
Aisne : 1.742 grands électeurs axonais (parlementaires, conseillers régionaux et généraux et représentants des conseils municipaux dont 1.059 élus de communes de moins de 1.500 habitants) vont élire trois sénateurs.
Régles du jeu : dans l'Aisne, l'élection se fera au scrutin majoritaire à deux tours et la parité n'intervient pas. En revanche, dans les départements élisant au moins quatre sénateurs, la proportionnelle ainsi que la parité sont de mises.
Principal enjeu : l'Aisne n'a pas connu de sénateur de gauche depuis l'instauration de la Ve république. La principale inconnue de ce scrutin est de savoir si le socialiste Yves Daudigny aura ou pas suffisamment capitalisé sur sa fonction de président du conseil général pour vaincre le monopole de la droite.
Questions subsidiaires : Pierre André, seul sortant dans l'Aisne, étant annoncé élu dans un fauteuil lequel de ses deux colistiers emmenera-t-il au palais du Luxembourg ?
Aux derniers pointages, Antoine Lefèvre semblait prendre l'avantage sur Annick Venet. A gauche, en revanche, derrière Yves Daudigny, c'est Jean-Luc Lanouilh qui semblait profiter du scepticisme suscité par les retrouvailles Daudigny-Krabal.
Surprise : l'émergence d'un candidat venant s'intercaler entre les candidats des deux grandes listes constitueraient plus qu'une surprise. Un véritable cataclysme politique.

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Comment avez-vous fait campagne et quelles sont vos impressions, voire vos pronostics ?
Sur quels thèmes avez-vous surtout mis l'accent ?
Vos points forts et vos points faibles dans cette élection ?

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Pierre André / UMP, Saint-Quentin
« J'ai fait campagne en tenant des réunions, une quarantaine sur les cantons du département, et quelques réunions plus thématiques. J'ai rencontré près de 1.000 grands électeurs sur les 1.700 que compte le département. Dans le cadre des Sénatoriales, on aborde des problèmes précis et concrets, nous sommes loin des discussions philosophiques. Par conséquent, j'ai reçu un accueil plus que sympathique. Tous les éléments sont réunis pour qu' Annick Venet, Antoine Lefèvre et moi-même soyons élus.
Trois thèmes de campagne importants : la nécessaire réforme des collectivités territoriales, le renforcement de la solidarité entre les villes et les campagnes et le besoin de mieux valoriser le département de l'Aisne.
Les élus me rejoignent pour dire qu'il faut moins de paperasserie, moins d'empilement des territoires, parfois les élus doivent déposer 7 ou 8 dossiers pour espérer récupérer quelques sous... La réforme des collectivités locales est inséparable d'une grande réforme des finances locales.
Les maires ont bien voulu me dire qu'avec la transformation de la ville de Saint-Quentin, je pourrai trouver des réponses aux problèmes qu'ils rencontrent au quotidien. J'ai compris la difficulté que représente la charge de maire. Ils ont la garantie d'avoir une écoute de ma part et un cabinet fort bien organisé....
Des points faibles ? Je ne m'en connais pas, moi.


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Nora Ahmed-Ali / Les Verts, Saint-Quentin

Je suis allée à la rencontre des autres candidats qui m'avaient invitée à leur réunion dans le cadre de la campagne et j'ai débattu des thèmes suivants : l'Europe avec Jean-Luc Lanouilh, les OGM avec Pierre André, l'agriculture biologique et les transports avec Jacques Krabal et dans le courant de la semaine je rencontre Yves Daudigny pour débattre de la place de la femme et du fichier Edvige. Je n'avancerai pas de pronostic, j'espère obtenir un score favorable.
Il y a urgence environnementale, les intempéries de ces derniers jours en sont un bel exemple. Il est nécessaire que les modes de vie changent, que les citoyens consomment différemment. La crise du pétrole nous rappelle qu'il faudra envisager d'autres énergies, d'autres moyens de transports non polluants comme les transports en commun. L'agriculture devrait évoluer en faveur de méthodes respectant l'environnement par la réduction de l'utilisation de pesticides, l'exclusion de semences OGM.
L'opinion publique est sensibilisée à l'écologie compte tenu des divers effets liés à la pollution et aux changements climatiques. Toutefois pour le moment, elle ne se traduit pas au niveau du vote. Ces élections sénatoriales seront l'occasion de faire évoluer la tendance, je l'espère. Ce sont des élections qui passent quasiment inaperçues alors que le Sénat a un rôle très important dans la vie de nos citoyens.

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Jean-Luc Lanouilh / PCF, Chauny

Jean-Luc Lanouilh, 56 ans, est professeur d'histoire-géographie et conseiller général du canton de Chauny et vice-président de l'assemblée départementale.
« J'ai fait une campagne de terrain avec des réunion pour les grands électeurs. J'ai souhaité que les gens s'expriment afin d'établir un vrai dialogue. Certes l'affluence n'était pas la même que pour des élections au suffrage direct mais j'ai constaté un vif intérêt des élus ».
« La défense des services publics me tient à cœur. Aux quatre coins du département, on constate dans de nombreux secteurs le désengagement de l'Etat. le départ des militaires de Couvron, la fermeture des postes, des agences EDF, des subdivisions de la DDE en sont des exemples. L'Etat ne joue plus son rôle de régulateur. Je défends également les hôpitaux de proximité et le milieu rural qui cherche un nouvel équilibre, tout en défendant l'échelon départemental. Il faut aussi que le sénateur soit proche des élus, plus proche du terrain ».
Mon point faible : l'annonce tardive de ma candidature qui a empêché un travail sur la durée. Mes points forts: je suis vice-président du conseil général, je connais bien le département car j'ai exercé de nombreuses délégations comme l'intercommunalité, les routes et aujourd'hui la culture. Autre avantage à mes yeux, je fais partie de l'équipe d'Yves Daudigny qui réalise du bon travail au niveau du conseil général. La politique est une passion que j'exerce avec mes convictions et mes valeurs.

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Michel Laviolette / Divers droite, Villers-Cotterêts

Je suis un candidat qui se bat seul contre des machines politiques. J'ai fait une campagne de terrain, pas de réunion avec les élus locaux. J'ai rencontré les maires sur des manifestations locales, à La Capelle, à Hirson, à Chauny… Les élus locaux ont des problèmes et ils aimeraient que quelqu'un les règle. Quand les gens ont des problèmes et que l'on partage les mêmes, on se comprend. Durant cette campagne, on m'a fait du mal. Je gêne et quand on gêne, on vous fusille.
Les services publics démantelés dans les communes. Le trésor

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public de Neuilly-Saint-Front est fermé par exemple. Les gens sont obligés d'aller à Villers-Cotterêts. La DDE est à Lille maintenant. Pourtant, la N2 est une infrastructure importante pour le département. Par ailleurs, il n'y a pas assez de services de proximité pour les personnes âgées, pas assez de maisons de retraite. Il faut donner des moyens, faire des lois. Je suis aussi contre le cumul des mandats, c'est pour cela que je ne me suis pas présenté à la mairie de Villers.
Mes points forts : ma sincérité. Je suis aussi très proche de la population et des maires avec lesquels j'ai pu travailler. Mon point faible : je n'ai pas de parti ou d'instrument qui ait pu m'apporter un soutien. c'est un regret quand je vois les campagnes des autres candidats. Mais c'est sans amertume. Il faut être habitué à prendre des coups. on est plus fusillé par ses amis que par ses ennemis, je vois clair.

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Jacques Krabal / PRG, Château-Thierry

« J'ai fait campagne en organisant des réunions, en rencontrant les grands électeurs et par le biais du site internet, nous échangeons.. Mes impressions sont beaucoup plus favorables à la fin de la campagne qu'au début. Aujourd'hui, je reçois de nombreux soutiens et encouragements, c'est plutôt positif. Les élus m'interpellent. Je suis convaincu et certain qu'il va y avoir des surprises, de bonnes surprises le soir des résultats ».
« J'ai mis l'accent sur deux thèmes. Premièrement, je veux clarifier les compétences du Sénat et deuxièmement, réduire la fracture territoriale, faire entendre la voix de l'Aisne au Sénat. Promouvoir ses atouts, sa ruralité, faire entendre ses besoins en infrastructures, en services publics et relayer les projets structurants des collectivités locales qui restent des parents pauvres ».
« Les atouts : ma proximité. Je serai un sénateur proche des élus, j'engagerai des concertations avec eux régulièrement dans leur canton ou leur commune. Je suis un homme de dialogue, et de la diversité. Les points faibles : Nous avons démarré tardivement cette campagne. J'aurais aimé rencontrer davantage d'électeurs. J'ai promis peu mais je tiendrai beaucoup. Les élus savent aussi qu'ils peuvent compter sur moi, sur ma liberté de parole, ma personnalité ».

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Annick Venet / Divers droite, Vailly-sur-Aisne

J'ai fait des réunions dans tout le département dès le mois de juillet. C'est très enrichissant d'aller à la rencontre des élus. Ce sont des liens sociaux et les garants de la République. Faire un pronostic est très difficile parce qu'il y a trop eu de changements d'élus lors des élections municipales, de l'ordre de 40 %, même si on connaît la couleur politique des grandes villes.
Il y a tout d'abord un travail de pédagogie à faire sur le rôle du Sénat. Je souhaite aussi qu'il y ait une vraie solidarité entre milieux urbain et rural et que l'on respecte les équilibres, notamment avec une fiscalité moins disparate. Il faut également défendre les services publics en zone rurale. Nous sommes élus d'un territoire, il ne faut jamais l'oublier. Il y a encore la révision de la politique agricole commune et le Grenelle de l'environnement.
Mes points forts : je suis élue depuis 1989 et j'ai acquis une bonne expérience. De plus, le Sénat travaille moins dans l'urgence que l'Assemblée, avec plus de recul, c'est une approche qui me convient bien. Mes points faibles ? Je suis une femme et ne suis membre d'aucune formation politique, mais s'agit-il vraiment de points faibles ?

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Nathalie Fauvergue / FN, Vervins

Par rapport à mes chances, je ne me fais pas trop d'illusions : cela se jouera entre l'UMP et le PS. Quoique dans le secret de l'isoloir, avec le panachage et les grands électeurs, on ne sait jamais…
Le Front national est capable de dire les choses autrement sur l'Europe, l'immigration, le pouvoir d'achat. Et tout cela face aux mensonges de Nicolas Sarkozy. Sur le pouvoir d'achat il a menti, sur les sans papiers il a menti car il régularise… Il laisse fermer les usines, etc.
Nos points faibles, c'est que toutes les régions sont à gauche, sauf une. Quant aux maires, c'est un peu moitié moitié. Les grands électeurs, ce n'est donc pas un terrain favorable pour nous. De toute façon, je suis fière de représenter le Front national. Même difficiles pour nous, ces élections sont l'occasion de nous faire entendre, de faire passer nos idées car nous n'avons pas accès aux médias comme les deux grands partis. Et le plus important, c'est que le peuple nous suive…

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Yves Daudigny / PS, Marle

La campagne a été une suite de contacts personnels, d'échanges, de dialogues dont les temps forts ont été les réunions organisées dans chaque canton. Celles-ci ont confirmé la forte implication des élus, leurs interrogations sur l'avenir de leur commune. L'accueil a été partout chaleureux avec une belle qualité d'écoute, des discussions passionnantes. Partout, j'ai été frappé par l'attente des grands électeurs qui souhaitent des sénateurs proches d'eux.
L'organisation territoriale de la France. Je défends une vision fondée sur le couple commune-intercommunalité pour l'échelon local, le département pour sa proximité et la région pour l'aménagement et le développement économique. La nature des relations entre l'Etat et les collectivités territoriales à conforter sur une base de respect mutuel. Le thème enfin central pour l'Aisne du maintien d'un réseau de services publics, école, santé, poste… qui garantisse l'égalité des citoyens dans notre pays.
Ma candidature s'appuie sur mon expérience d'élu local, sur le travail réalisé depuis sept ans à la présidence du Conseil général, sur toute la richesse humaine des relations de travail tissées avec les élus, les chambres consulaires, les responsables associatifs. Ma candidature est fondée sur ma conviction qu'un président de conseil général par ailleurs sénateur a plus de poids et d'efficacité dans la défense de son département. Mon engagement est un engagement de relations humaines et de proximité.

Yves Daudigny, 61 ans.

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Antoine Lefèvre / UMP, Laon

L'élection sénatoriale est une élection particulière et paradoxalement, bien qu'il s'agisse d'élire un législateur, c'est avant tout une élection de proximité avec les élus. Nous avons donc fait une campagne de terrain mêlant à la fois rencontres cantonales à raison d'une par canton et entretiens particuliers. Ces rencontres et ces réunions nous ont permis d'évoquer directement avec plus de 700 grands électeurs les enjeux du scrutin.
Nos discussions portaient avant tout sur les préoccupations des élus et des collectivités dont les sénateurs sont les représentants. Nous avons évoqué le parcours du combattant des élus, la place prépondérante de la ruralité dans l'Aisne, la nécessité d'un meilleur aménagement du territoire ou la réforme des structures administratives et l'amélioration des relations avec l'Etat. Les élus veulent plus de considération et qu'on leur simplifie la vie.
Je me présente, avec mes colistiers, au sein d'une équipe unie. Notre premier point fort, au-delà de l'expérience de notre liste en matière de gestion des collectivités, sera de savoir travailler en équipe pour l'Aisne. J'ai aussi la chance d'avoir bien été préparé à la fonction d'élu durant les dix années passées dans mes précédentes fonctions de chargé de mission au service départemental d'aménagement rural de la chambre d'agriculture.

Antoine Lefèvre, 42 ans.

Tous les résultats des sénatoriales dans l' édition de lundi.
Zoom sur les sénatoriales dans l'Aisne / Et un, et deux et trois élus
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Dernière mise à jour de cette page le 04/10/2008

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